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Gaz de schiste : une impasse

L'omerta du Ministère : "explications" confuses

Nos alertes publiées ici le 20 mai puis le 18 juillet (ici) sont toujours d'actualité : Le Ministère persiste à ne plus publier d'information sur les permis de recherche d'hydrocarbures.

Ségolène Royal penserait-elle que l'absence d'information calmera les esprits et dissipera les craintes des populations concernées et de leurs élus ? Croit-elle qu'ainsi la question des gaz ou pétrole de schiste sera absente de la campagne présidentielle ? Un bien mauvais calcul !

La campagne commence à peine, et l'on entend par exemple Arnaud Montebourg se prononcer déjà sur la question [1]. Et un député du Gard nous confiait récemment que la question du gaz de schiste [2] auarit une place importante dans sa campagne législative de 2017. Plusieurs parlementaires sont d'ailleurs en visite aux Etats-Unis, pour voir les choses de plus près. Se tairont-ils en revenant ?

Nous avions demandé à Fabrice Verdier, député du Gard et en charge d'un groupe d'étude parlementaire sur le gaz de schiste, d'interroger la Ministre sur le black-out  en vigueur depuis décembre 2015.

La réponse de la Ministre, daté du 5 août, est pour le moins affligeante : "(...) Attentive à votre requête, j'ai aussitôt demandé à mes services d'étudier ces éléments, et ne manquerai pas de vous tenir informé des suites qui y seront données." Ainsi, le Ministère ne publie plus rien sur les permis d'hydrocarbures depuis 8 mois, et la Ministre n'était pas au courant ? Ses services (en l'occurrence le BEPH) cachent l'information à l'insu de son plein gré ? De toute manière, elle ne leur demande pas de rétablir l'information. Mais seulement "d'étudier ces éléments", ce qui n'engage à rien.

Le Journal de l'Environnement avait repris notre alerte le 19 juillet, en y apportant quelques compléments (voir ici). La journaliste précise :

Contactée, la DGEC affirme «qu’il a été décidé, le temps de restructurer les publications, de stopper les mises à jour. On était très pétrole, mais nous menons une réflexion pour élargir l’offre sur les énergies du sous-sol, pour être notamment plus visibles sur la géothermie.» Les titulaires des permis, eux, pourront toutefois continuer à y accéder. A quand la nouvelle version du site? «Nous aurons finalisé l’affaire entre juillet et septembre 2017», assure-t-on à la DGEC. Soit après l’élection présidentielle. En off reconnaît-on, certains craignent que la publicité autour de la poursuite des activités d’exploration et de production d’hydrocarbures français, parallèlement aux discours autour de la politique de transition énergétique conduite par Ségolène Royal, n’échauffe les esprits. «C’est une très mauvaise idée de taire ainsi des informations, ou alors il faut interdire l’exploration.»

Il s'agit donc d'un silence planifié, durable (au moins 18 mois ), non justifié. Et qui ne lèse que les citoyens, puisque les pétroliers, eux, continuent à disposer de l'information.

A trop vouloir mettre la poussière sous le tapis, Ségolène Royal s'y prend les pieds

 

[1]. A vrai dire, il s'est prononcé plusieurs fois sur ce sujet depuis 2011. Dans un sens quand il était dans l'opposition, dans un autre quand il était ministre. Son dernier changement de position, d'ailleurs très ambigu, n'étonnera que ceux qui croient aux promesses de précampagne électorale.

[2] Rappelons que le Gard est fortement impacté par l'immense permis de Montélimar récemment récupéré par Total, et par trois autres permis autour d'Alès.


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